Écoute dichotique et contrôle cognitif

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D’après le modèle proposé par Hugdahl et ses collègues (2009), le processus de traitement de l’information mis en œuvre au sein d’une situation d’écoute dichotique semble bien correspondre à une situation de conflit cognitif tel que l’entendent Botvinick et al. (2001). Deux stimuli sont présentés en même temps, un différent dans chaque oreille, et chaque stimulus peut à priori être un stimulus cible. Cet état d’incertitude de la localisation du stimulus cible constitue déjà en soi un facteur de conflit cognitif. Afin de résoudre ce conflit, le participant doit faire un choix entre les deux stimuli perçus. Ce choix se situe soit à un niveau perceptif pur, favorisant la détection du stimulus le plus saillant (cette détection étant généralement liée aux facteurs structuraux), soit à un niveau attentionnel où le choix du participant est guidé par l’orientation de son attention. Dans le paradigme d’attention forcée, le conflit cognitif est imposé par les consignes attentionnelles: le participant doit volontairement faire un choix entre les deux stimuli et, de plus, il doit également, dans certaines conditions, ignorer l’identification du stimulus le plus saillant, basée sur le système perceptif. En situation d’identification de stimuli verbaux, identifier le stimulus parvenant à l’oreille gauche est plus difficile qu’identifier le stimulus parvenant à l’oreille droite.

Nous avons vu que les consignes attentionnelles orientent volontairement l’attention des individus sur une seule de leurs deux oreilles et permettent alors de moduler l’avantage structural de l’oreille impliquée en sollicitant des processus top-down générateurs de conflits cognitifs. La suite de cette présentation vise à montrer que d’autres facteurs sont également en mesure de créer un conflit cognitif au sein de la situation d’écoute dichotique, de par la manipulation des processus bottom-up par exemple. La manipulation des processus bottom-up au travers de la variation du mode de présentation des stimuli ainsi que la manipulation de leurs caractéristiques phonologiques seront décrites dans cette partie. La présentation non exhaustive de ces différentes études dans la suite de cette présentation vise à montrer que, à l’aide du paradigme d’écoute dichotique, il est possible de faire varier l’intensité du conflit cognitif en modulant soit l’influence des processus top-down, soit l’influence des processus bottom-up. Il a également été constaté précédemment que le contrôle cognitif était fortement corrélé avec les fonctions exécutives et, par conséquent, avec la capacité de traitement en mémoire de travail. L’ensemble des études ayant mis en évidence le rôle de la mémoire de travail en situation d’écoute dichotique est ainsi abordé dans un premier temps.

  1. Le rôle de la mémoire de travail
  2. Manipulation des processus top-down
    1. Orientation endogène de l’attention à l’aide des indices verbaux
    2. Orientation exogène de l’attention à l’aide des indices sonores
  3. Manipulation des processus bottom-top
    1. La présentation des stimuli
      1. Le « lag-effect »
      2. L’intensité de présentation des stimuli
    2. Les caractéristiques des stimuli : aspects phonologiques
  4. Données développementales

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