Évaluation du rôle de la latéralisation hémisphérique dans les performances d’orientation de l’attention

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Étude 1. Contrôle des performances auprès d’une population adulte

Nous avons remarqué que, jusqu’à présent, la littérature rapporte en grande partie des données recueillies en situation d’identification de stimuli verbaux auprès de populations d’adultes. Dans l’ensemble, ces études décrivent un effet bénéfique des indices verbaux et sonores sur les performances d’identification des participants: en comparant leurs performances à une situation « sans orientation de l’attention » (i.e., une condition d’orientation non forcée de l’attention), les situations orientant l’attention des participants vers leur oreille droite ont toujours conduit à une amplification du REA et les conditions orientant l’attention des participants vers leur oreille gauche à un affaiblissement du REA, voire à un LEA (Andersson et al., 2008; Hiscock & Beckie, 1993; Mondor & Bryden, 1991, 1992; Techentin & Voyer, 2005), ou bien à la même amplification du REA (Asbjørnsen & Hugdahl, 1995).

Cependant, comme l’ont suggéré Mondor et Bryden (1991, 1992), en demandant explicitement aux participants de ne focaliser leur attention que sur une seule de leurs deux oreilles dans le paradigme d’« attention forcée » (Hugdahl & Andersson, 1986), le caractère sémantique des indices verbaux peut avoir provoqué la pré-activation de l’hémisphère gauche et empêché ainsi la manifestation des réels effets des biais attentionnels. Dès lors, nous avons supposé que les situations d’écoute dichotique combinant la présentation d’indices verbaux et de stimuli verbaux surchargeraient l’hémisphère cérébral gauche et dégraderaient les performances d’identification des participants. Nous appuyons cette hypothèse sur le fait que de telles difficultés d’orientation de l’attention et d’identification des stimuli n’ont pas été observées jusqu’à présent au sein de situations dichotiques avec indices sonores (Gadea & Espert, 2009; Voyer & Flight, 2001). Afin d’évaluer cette hypothèse, nous devions créer une situation dichotique ne surchargeant pas l’hémisphère gauche : nous avons donc décidé de proposer à nos participants d’identifier des stimuli traités spécifiquement par l’hémisphère droit. Par ailleurs, les études de Mondor et Bryden (1991, 1992) font état d’un délai optimal d’orientation de l’attention. Les travaux de ces auteurs ont montré que l’introduction de délais de 450 ms environ entre l’apparition d’indices sonores et la présentation des stimuli (SOA) constituait des délais optimaux d’orientation de l’attention. Malheureusement, si l’influence des délais de latence a été confirmée par plusieurs expériences effectuées par ces chercheurs ainsi que leurs successeurs lors de l’apparition d’indices sonores (Gadea & Espert, 2009), trop peu de recherches ont tenté d’évaluer l’effet des délais de latence sur l’efficacité d’orientation de l’attention d’indices verbaux (Obrzut et al., ,2006).

De ce fait, notre première étude a eu pour objectif principal de comparer les données de la littérature obtenues lors de l’identification de stimuli verbaux à nos observations recueillies lors de l’identification de stimuli non verbaux afin de (a) constater de la concordance ou de la non-concordance des résultats, (b) évaluer la pertinence de notre protocole expérimental proposant différents délais de latence, et (c) mettre à l’épreuve l’hypothèse de complémentarité inter-hémisphérique de Kinsbourne et Hicks (1978).