Résultats de la neuro-imagerie

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Un des chercheurs majeurs de la recherche en neurologie clinique de la deuxième moitié du XXe siècle est Geschwind. Ses idées et ses recherches sur la dyslexie ont été parmi les plus novatrices et ont signé le début d’une vague d’études dans le domaine. Selon Geschwind (1965), les taux d’hormones mâles présentes dans le sang du fœtus, à certaines périodes de la croissance du cerveau, pouvaient être à l’origine d’une déviation de la maturation de certaines zones critiques du cerveau (les grandes fonctions cognitives comme le langage). Dans leurs études, Geschwind et Galaburda (Galaburda, 1989; Galaburda, Sherman, Rosen, Aboitiz, & Geschwind, 1985 ; ou voir Galaburda, Rosen, Sherman, & Humphreys, 1991 pour une revue de l’ensemble des études) ont confirmé, avec un échantillon restreint de cerveaux de dyslexiques, la présence d’une moindre asymétrie du planum temporale dans le cerveau des dyslexiques par rapport au cerveau d’un adulte sain. En effet, Geschwind et Levistsky (1968) avaient précédemment montré une plus forte asymétrie gauche du planum temporale chez des adultes sains. Des travaux plus récents réalisés en neuro-imagerie vont cependant à l’encontre de ces observations (Robichon, Levrier, Farnarier, & Habib, 2000 ; Leonard et al., 2001). Une asymétrie du planum temporale gauche encore plus marquée a ainsi été rapportée chez un grand nombre d’individus dyslexiques par rapport à des adultes tout venant. Dès lors, si la signification du degré d’asymétrie du planum temporale reste obscure dans l’explication des symptômes de la dyslexie, il apparaît toutefois que ces anomalies signent la présence de marqueurs biologiques à l’origine d’une anomalie de la maturation du cerveau ayant conduit au trouble dyslexique.

Une autre région du cerveau humain qui a été largement observée est le corps calleux. Le corps calleux permet l’intégration des informations sensorielles, motrices et cognitives entre les deux hémisphères cérébraux et joue un rôle prépondérant dans le maintien de la spécialisation hémisphérique du langage, du traitement des visages ou même de l’attention spatiale (Bénézit, Hertz-Pannier, Dehaene-Lambertz, & Dubois, 2011). De manière générale, les travaux évaluant cette zone chez les dyslexiques rapportent sa plus grande taille et par conséquent un plus grand nombre de neurones dans le cerveau des dyslexiques (Robichon & Habib, 1998). Des différences de taille du corps calleux étaient déjà connues entre les entre cerveaux masculins et féminins (Habib, Gayraud, Oliva, & Regis, 1991 ; Luders, Toga, & Thompson, 2014).