L’attention

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Définition

Tout au long de la vie, et même tout au long de la journée et des minutes, nous sommes bombardés par une multitude d’informations perceptives. Il nous est impossible de prendre en compte chacune de ces informations. Dès lors, comment y faisons-nous face ? Comment choisissons-nous les informations à retenir et celles à négliger ? Une solution est de se focaliser spécifiquement sur certaines informations (telles que la compréhension des lignes écrites dans un livre) et choisir de privilégier ces informations au détriment des autres qui ne sont pas importantes dans l’immédiat. Au cours du traitement de l’information, l’attention est donc le processus permettant, à un moment donné, de mettre en exergue certaines informations et d’en inhiber d’autres. La mise en évidence d’informations améliore la sélection et le traitement des données pertinents alors que l’inhibition favorise la mise à l’écart des informations inutiles.

Bien que nous ayons la connaissance intuitive de ce que signifie « faire attention », l’étude des phénomènes attentionnels suscite depuis plus d’un siècle l’intérêt des chercheurs. Ainsi donc, qu’est-ce exactement que l’attention ? Une définition claire et concise doit être plus exhaustive que la première acception proposée par James (1890) pour qui « l’attention est la prise de possession par l’esprit, sous une forme claire et vive, d’un objet ou d’une suite de pensées parmi plusieurs qui semblent possibles […]. Elle implique le retrait de certains objets afin de traiter plus efficacement les autres ». En effet, les recherches actuelles tendent à montrer que « cette prise de possession par l’esprit » ne relève pas d’un seul processus isolé, mais plutôt d’un ensemble de processus agissant en interaction (Posner, 1995 ; Shapiro, 2001), tel que l’illustre l’importante variété d’opérations attentionnelles décrites dans la littérature. L’attention sélective, l’attention divisée, l’attention focalisée, la résistance à la distraction, le contrôle de l’attention, la variation de la mobilisation des ressources attentionnelles au cours de la journée en sont des exemples. Au niveau cérébral, l’attention serait prise en charge par des processus spécifiques qui interagiraient avec d’autres processus impliqués dans l’action en cours (processus moteurs, perceptifs, conceptuels). D’après Groeger (2000), les processus attentionnels prendraient leur source dans le cortex cingulaire du système limbique, pour ensuite parvenir au cortex pré-frontal, en charge de la planification de la tâche, et se dirigeraient enfin vers les aires pré-motrices et sensori-motrices déterminantes dans la réalisation de la tâche.

Cette diversité des processus attentionnels décrits n’est cependant pas la traduction d’un système attentionnel anarchique et morcelé. Au contraire, le terme de système attentionnel est même employé pour décrire la cohérence et l’interdépendance de l’ensemble des processus attentionnels. Dès lors, si dans la suite de cette présentation, je me suis centrée principalement sur la description de l’attention sélective qui joue un rôle de premier plan dans le traitement de l’information, il va sans dire que cette description est sous-tendue par l’implication des autres processus attentionnels complémentaires à son action.

  1. L’attention et le traitement de l’information
    1. La sélection de l’attention
    2. Le modèle du filtre attentionnel de Broadbent (1954)
    3. Le modèle de Kahneman (1973)
    4. Le modèle de l’orientation visuospatiale de Posner
    5. Processus automatique bottom-up et contrôle top-down
  2. Le développement normal de l’attention : bases neuro-anatomiques
    1. La maturation cérébrale, de la naissance à l’âge adulte
    2. Substrats neuronaux des processus bottom-up et top-down
  3. L’attention et le contrôle cognitif
    1. Conflit cognitif et contrôle cognitif
    2. Localisation neuro-anatomique

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